Simon Persico est enseignant-chercheur en science politique à Sciences-Po Grenoble et au laboratoire Pacte. Il commente pour Reporterre le premier tour des législatives, dont les résultats ont été annoncés le 30 juin, à 20 heures. Pour le spécialiste, c’est clair : c’est une victoire massive pour le Rassemblement national. Le parti pourrait obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale le 7 juillet à l’occasion du second tour.
Reporterre — Comment interprétez-vous ces résultats ?
Simon Persico — Dissoudre l’Assemblée nationale et décréter extrêmement rapidement des élections législatives, juste après les Européennes, a posé un agenda de campagne clair : un, est-ce que le Rassemblement national peut arriver au pouvoir ? Et deux, comment mettre un terme à l’exercice du pouvoir par la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron ? Il n’y avait aucune raison pour les électeurs hésitant à voter RN de ne pas se mobiliser. Dimanche, la réponse à ces deux questions a donc été oui.
Concernant la mobilisation exceptionnelle, elle a profité aux trois blocs : la gauche, l’extrême droite et le camp présidentiel. Ce qui est d’ailleurs un fait nouveau : depuis les Européennes de 2019, il y a vraiment une tripolarisation de l’espace politique.
Cette mobilisation n’a pas nui au RN. Il n’y a pas eu de front républicain, mais une participation massive pour une élection à énorme enjeu et très conflictuelle.
Quel bilan pour chacun des trois blocs ?
Le premier bilan à tirer, c’est l’échec cuisant du camp macroniste. Ce sont eux qui ont clairement souffert d’un puissant vote sanction, déjà constaté aux Européennes, et qui s’est confirmé.
Côté RN, c’est une victoire massive. Le parti double quasiment son score par rapport aux législatives de 2022 en mobilisant un électorat très important : 10,7 millions d’électeurs. Ce soir, l’hypothèse de voir le RN obtenir…
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Auteur: Nina Guérineau de Lamérie

