« Il est urgent de sortir les travailleuses étrangères du labyrinthe administratif français »

Femmes, travailleuses et étrangères : une triple source de discrimination pour beaucoup de ces personnes qui, sous le système des cartes de séjour court, subissent très souvent des abus liés à leur genre, tout comme à leur origine. Des femmes souvent en situation régulière depuis des années, voire des décennies dans notre pays, auxquelles la France a pourtant tenu à rendre hommage dans des circonstances bien particulières il y a quelques années.

En pleine épidémie du Covid, nous avons en effet été nombreux à applaudir ces travailleuses exemplaires – très majoritairement étrangères – des métiers qualifiés alors de « deuxième ligne ». Caissières, aides à domicile, personnels de nettoyage : elles ont effet, comme l’avait alors signalé le président Emmanuel Macron, « permis à la vie de continuer » dans cette période incertaine et morbide. Avant de poursuivre : « Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des femmes (…) que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. »

Des personnes plongées dans l’insécurité et la précarité permanentes

Pourtant six ans plus tard, rien n’a encore changé pour elles et nous pouvons même affirmer que leur situation s’est aggravée. Nous avons en effet alerté récemment sur le système de cartes de séjour qui impose aux personnes étrangères travaillant en France de vivre dans la précarité et l’insécurité permanente, les exposant à un risque accru de violations de leurs droits. Un système qui cible particulièrement les personnes racisées et qui exacerbe les inégalités de genre.

Parmi elles, les femmes cumulent les obstacles pour accéder à un titre de séjour stable : elles manquent de temps et de ressources financières, scolaires et linguistiques nécessaires pour remplir les exigences imposées par la France. Souvent harcelées au travail, elles ne peuvent…

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