Uma virada histórica – Un revirement historique.
Jamais, depuis la première élection directe de 1989, à la fin de la dictature brésilienne (En 1985, Tancredo Neves avait été élu par un collège électoral), un candidat en deuxième position au premier tour n’avait réussi à gagner au second tour. L’extrême-droite, bolsonaristes et alliés, avaient donc toutes les raisons de fêter à l’avance leur victoire, et ils ne s’en sont pas privés. Certes, à 5% des votes dépouillés, Lula était en tête avec 57% des voix, et cela aurait peut-être dû allumer un petit signal d’alerte au milieu des acclamations victorieuses amplement diffusées sur les réseaux sociaux. D’autant que, quelques minutes plus tard, le fils Bolsonaro reprenait la tête, dans une cavalcade triomphale, et annoncée, vers la victoire.
La mobilisation populaire
Sauf que…
le peuple s’est mobilisé, et plutôt contre toute attente. Le premier sursaut significatif eut lieu à Rio de Janeiro, le 7 octobre, avec une énorme manifestation d’étudiants en appui à Lula, à la réduction du temps de travail (votée entre les deux tours), à la démocratie, à la souveraineté du pays, à la défense du domaine public, du SUS (système de santé gratuit universel)… Et puis le mouvement s’est emballé. Entre les deux tours, toutes les capitales du pays ont été le décor de gigantesques manifestations et de concerts en appui à Lula. Caetano Veloso, Chico Buarque, Gilberto Gil et bien d’autres (Lenine, Djavan…) se sont engagés dans la bataille en organisant des concerts à Rio de Janeiro, Salvador, São Paulo… (dont deux à Copacabana, à l’appel de Caetano, qui ont probablement mobilisé pas loin d’un million de personnes).
Mais cette mobilisation a ceci d’intéressant qu’elle a complètement dépassé le cadre du Parti des Travailleurs de Lula. Un très grand nombre de personnes qui ont appelé à voter pour le président sont très critiques envers sa…
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