Anne Monmarché est présidente de l’association de cyclistes Paris en selle, qui compte un peu plus d’un millier d’adhérents sur le territoire de la métropole du Grand Paris.
Reporterre — Paul, 27 ans, membre de votre association, a été tué par un conducteur de SUV le 15 octobre à Paris. Comment avez-vous réagi à Paris en selle à l’annonce de ce drame ?
Anne Monmarché — On est encore sous le choc. On le connaissait bien, c’était un adhérent de longue date et actif. On est d’autant plus choqués que d’après les premiers éléments de l’enquête, ce n’est pas un accident mais un meurtre. Paul portait une vision d’une ville apaisée, sereine, où l’on puisse se déplacer en sécurité. Il était présent aux réunions publiques pour discuter des aménagements urbains et porter la voix des cyclistes. C’est d’autant plus dur pour nous de constater que sa mort est la preuve qu’on est encore loin de la réalisation de cette vision.
Beaucoup de cyclistes, lors du rassemblement mercredi soir en hommage à Paul, ont témoigné d’agressions régulières de la part d’automobilistes. Existe-t-il des statistiques permettant de mesurer si elles sont en augmentation ?
Il n’y a pas de chiffres pour une raison bien simple et qui nous énerve beaucoup, c’est que quand on subit une violence motorisée, on ne peut pas porter plainte. On peut essayer, mais le plus souvent, si on n’a pas été blessé, cela nous est refusé. Cela participe à la banalisation de cette violence motorisée. Parce que même quand on n’a pas été touché, même s’il s’agit juste d’une voiture qui nous a grillé la priorité et a failli nous renverser — et nous a insultés parce qu’on lui a fait remarquer que l’on était prioritaire — le risque pour nous cycliste était mortel. Le conducteur de la voiture ne se rend pas compte que sa petite erreur a failli avoir une conséquence grave pour nous.
On ne le vit pas à chaque…
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Auteur: Marie Astier

