« Il faut changer notre regard sur l’océan »

Série d’été « Océan » 5/5 – Les activités humaines impactent l’océan, pourtant dernier espace non colonisé par l’humain. Comment envisager notre relation à ce milieu aussi familier que méconnu ? Pour le philosophe Roberto Casati, l’altérité radicale de l’océan exige de forger de nouveaux concepts pour mieux le sauvegarder.

(Cet article est extrait de la revue Carnets de science n° 18)

La mer n’a jamais été un thème à part entière dans l’histoire de la philosophie. Ce milieu si différent de notre environnement terrestre a bien éveillé la curiosité ou la fascination des penseurs de l’Antiquité, mais Platon n’y voyait qu’un monde terrifiant d’inconnu, pendant qu’Aristote s’intéressait surtout à la constitution des poissons ou des coraux. À l’époque moderne, ce sont avant tout les aspects diplomatiques et juridiques qui ont alimenté les réflexions de Hegel, pour qui la mer relevait de la question des relations entre États, ou du juriste et philosophe néerlandais Hugo Grotius, qui a consacré tout un traité à plaider pour la liberté du commerce maritime international. Or, pour le philosophe Roberto Casati, l’altérité radicale de l’océan nous oblige à forger de nouveaux concepts et à remettre en question notre manière d’envisager cette « autre planète » qui n’a rien à voir avec les espaces terrestres. Le chercheur nous explique ici en quoi…

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