Né en 1926 à Casablanca, issu d’une famille juive de Tanger, Abraham Serfaty a été un militant indomptable non seulement de la justice et de la liberté au Maroc, mais également de la cause palestinienne. D’abord engagé au parti communiste marocain, il participa à la revue marxiste-léniniste Souffles et fut l’un des fondateurs de l’organisation révolutionnaire Ila Al Amame, avant d’être emprisonné pendant 17 ans.
Celui qui fut surnommé le « Mandela marocain » a été toute sa vie durant un critique radical et intransigeant du sionisme, qu’il tenait – sans aucune forme d’ambiguïté – pour une idéologie coloniale, raciste et suprémaciste. Dans le contexte actuel, marqué par le génocide à Gaza et l’accélération du nettoyage ethnique en Cisjordanie, sa voix est précieuse pour rappeler que l’État colonial d’Israël et les sionistes n’ont aucune légitimité à parler au nom de l’ensemble des Juifs et qu’il n’y a par ailleurs nul « conflit religieux » en Palestine, mais une vaste, criminelle et séculaire entreprise de colonisation et d’annihilation du peuple palestinien, à laquelle celui-ci résiste héroïquement.
Alors que les mobilisations de la jeunesse se poursuivent au Maroc pour l’amélioration des conditions de vie, de santé et d’éducation mais aussi contre la corruption généralisée et la répression féroce du régime, avec en toile de fond l’hostilité d’une très large partie de la population à l’égard de la politique de « normalisation » des relations avec l’État sioniste menée par la monarchie marocaine, la trajectoire d’Abraham Serfaty rappelle à quel point, dans le monde arabe, les combats pour la démocratie et la justice sociale sont indissociables de la lutte pour la libération de la Palestine.
Il est donc salutaire que les éditions Syllepse ait pris la décision de publier, ce mois d’octobre, les Écrits sur la Palestine d’Abraham…
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