Contrairement à d’autres chroniqueurs humoristiques, Bertrand Chameroy a d’abord suivi la voie du journalisme. Une méthode, et une exigence dont il se sert toujours dans ses billets quotidiens, que ce soit à la radio ou à la télé : « Quand on a dix minutes de chronique à sortir chaque soir, il faut de la rigueur, il y a des moments où chacun est concentré avec son casque à ‘dérusher’, à regarder des images. On fait des conneries mais sérieusement », considère-t-il.
Rire comme façon d’appréhender le réel
S’il en est venu au rire, c’est certainement parce qu’amuser a été pour lui, dès l’enfance, le moyen d’intégrer une bande et de dépasser un naturel timide. Mais c’est assurément aussi pour mettre à distance une actualité qui sinon, serait pénible à traverser.
« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire ça, rien n’est plus subjectif que le rire, surtout dans l’époque très plombante qu’est la nôtre, donc on compte beaucoup sur les gens qui sont censés faire rire pour détendre l’atmosphère », a-t-il remarqué de l’attente que les spectateurs peuvent avoir des tranches d’humour.
Car la difficulté du travail de Bertrand Chameroy consiste bien à rire d’un flot d’informations qui chaque jour charrie des guerres et des drames. Sur certains sujets, avoue-t-il, « je n’ai pas honte de le dire, je n’ai pas d’avis, alors qu’aujourd’hui il faut un avis sur tout et tout de suite, donc je…
Auteur: Simon Nicolle

