Le nom d’Isaac Deutscher ne dit souvent rien aux jeunes générations, qu’elles soient militantes ou universitaires. Et pourtant, il est assurément l’un des penseurs marxistes les plus lucides du XXe siècle et l’un des meilleurs historiens de ce siècle, toutes écoles confondues. Il est donc important qu’il ne sombre pas dans l’oubli. Le bref portrait de Deutscher qu’Ariel Petruccelli propose ici se lit comme une invitation à lire ses livres, et à les rendre à nouveau disponibles en français. Celles et ceux qui le feront ne le regretteront pas.
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Isaac Deutscher est mort pendant son exil londonien en août 1967. Il était alors, comme tout au long de sa vie, un penseur à contre-courant. Rejetant aussi bien la phobie anticommuniste – qui dominait alors en Occident – que les mythes du communisme « officiel » – émanant de Moscou ou de Pékin –, Deutscher n’était pas non plus considéré comme « l’un des leurs » par les petites organisations trotskystes de ses anciens camarades. Il avait jugé inopportune la création de la Quatrième Internationale et n’était pas d’accord avec Trotsky sur les possibilités d’une révolution politique en URSS.
Ce n’était pas pour autant un écrivain marginal. Ses idées et ses analyses étaient trop pénétrantes et son écriture trop élégante pour que ses écrits passent inaperçus. Bien que ses livres aient été rigoureusement interdits en Union soviétique et dans sa Pologne natale, et que ses écrits lui aient valu l’opprobre des croisés de la guerre froide des deux camps, les lecteurs de la New Left Review et des Temps Modernes ont pu apprécier régulièrement ses analyses de la politique internationale. Son influence sur certains intellectuels marxistes a été considérable. Ainsi Perry Anderson a-t-il affirmé : « pour nous, l’influence d’Isaac Deutscher sur notre formation a été d’une importance primordiale »[1].
Les années de…
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Auteur: redaction

