Il faut renégocier la trajectoire budgétaire

Alors que le choc énergétique exerce un impact récessif sur l’économie, le rapport d’avancement annuel (RAA) sur le programme budgétaire structurel de moyen terme (PSMT), que la France a remis à la Commission européenne, maintient l’objectif d’une réduction des déficits publics à 3 % du PIB pour 2029. Cette trajectoire est irréaliste. Pour la respecter, le gouvernement Lecornu avait fixé un objectif de déficit à 5 % du PIB en 2026, sous l’hypothèse d’une croissance de 1 % et d’une inflation de 1,1 %. Pour tenir compte de la conjoncture dégradée, le RAA retient pour sa part une hypothèse de croissance de 0,9 %, pour une inflation de 1,9 %, sans remettre en question l’objectif d’un déficit public de 5 % du PIB en 2026.

Dans le débat budgétaire qui s’ouvre à l’automne, le gouvernement ne disposera d’aucune majorité, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Or la Banque de France vient de revoir à la baisse ses prévisions : la croissance s’établirait à 0,5 %, pour une inflation de 2,5 %. Il en résulterait une aggravation du chômage et une baisse des recettes fiscales induite. Une croissance de 0,5 %, au lieu des 1 % initialement prévus, entraînerait une perte de recettes fiscales de près de 0,25 % du PIB (soit 7 milliards d’euros) par rapport aux prévisions faites dans la loi de finances, conduisant à un déficit de 5,25 % en 2026 et à un taux d’endettement accru, comme s’en inquiète déjà la Cour des comptes.


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Dans le débat budgétaire qui s’ouvre à l’automne, le gouvernement ne disposera d’aucune majorité, à quelques mois de l’élection présidentielle, lui permettant de resserrer la politique budgétaire. Par la suite,…

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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

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