Membre de la CGT Spectacle depuis douze ans, Ghislain Gauthier – qui exerce la profession de juriste, spécialisé dans le domaine des droits d’auteur – assure la direction du syndicat depuis décembre 2023. À l’heure où les services publics apparaissent de plus en plus fragilisés et au lendemain des législatives, nous avons voulu évoquer avec lui la situation très incertaine du secteur emblématique de la culture. La rencontre s’est déroulée le 10 juillet à Avignon, en plein cœur du festival, quelques jours après la grande nuit de mobilisation antifasciste coorganisée par la CGT Spectacle.
Après la promesse faite en septembre 2023 par l’ancienne ministre Rima Abdul Malak d’une hausse de 6 % du budget de la culture en 2024, l’année a démarré par une douche froide : l’annonce par Matignon et Bercy, via un décret publié le 21 février, de coupes drastiques dans le budget du ministère de la Culture : 204 millions d’euros. Comment percevez-vous cette décision ?
Ghislain Gauthier : Des choix clairs ont été effectués. Certains volets ne sont pas touchés, par exemple le Pass culture, qui représente un budget de 250 millions d’euros. Pourtant, ce dispositif n’a fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse quant à son efficacité et il est décrié dans la profession. Presque la moitié des coupes annoncées – 96 millions d’euros – concerne le financement de la création. Seront ponctionnées principalement les structures parisiennes sous tutelle directe de l’État : l’Opéra de Paris (6 millions d’euros), la Comédie-Française (5 millions d’euros) ou encore Chaillot (500 000 euros). Rachida Dati s’est engagée à ne pas réduire les crédits alloués aux directions régionales des affaires culturelles (Drac), mais cela semble hypothétique.
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Auteur: Jérôme Provençal

