Dans une lettre ouverte adressée le 5 août à tous les nouveaux députés de « l’arc républicain », le Syndicat national de l’environnement (SNE–FSU), qui représente le personnel du ministère de la Transition écologique, appelle à un sursaut politique, pour financer la transition écologique et sociale. Cette urgence « vitale » doit, pour commencer, cesser d’affaiblir le ministère en charge d’y répondre, nous explique Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du SNE–FSU.
Reporterre — Dans votre lettre ouverte, vous interpellez les députés sur les risques de reculs dans les politiques publiques écologiques et sociales. Pourquoi sonnez-vous l’alerte précisément maintenant ?
Véronique Caraco-Giordano — Nous sommes dans une phase d’immobilisme politique, l’absence de nouveau Premier ministre, et donc de ministre de l’Écologie, nous inquiète beaucoup. Plus grand-chose ne se passe alors que l’urgence écologique et sociale n’a pas disparu. Plusieurs projets importants sur l’écologie, comme le Plan national d’adaptation au changement climatique, prennent du retard. Nous disons aux députés que c’est à eux d’être à la manœuvre et de faire des propositions de loi à la rentrée.
Votre courrier est adressé aux élus de « l’arc républicain ». Vous espérez convaincre toutes les forces politiques, hormis l’extrême droite, de mener une politique écologique ambitieuse ?
Nous ne nous adressons pas à l’extrême droite, car nous avons étudié tout ce qu’ils avaient pu dire ou proposer sur l’écologie : ils en parlent très peu, uniquement pour dénoncer « l’écologie punitive », souhaitent remettre énormément de produits polluants en circulation et relativisent l’urgence climatique. Sur le social, ils veulent aussi affaiblir les syndicats et les droits des femmes. Nous sommes sans ambiguïté mobilisés contre leur programme rétrograde.
Au-delà de l’extrême droite,…
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Auteur: Vincent Lucchese

