« Il n’y a pas une mais plusieurs sociétés israéliennes »

À Tel-Aviv, mi-septembre, la chaleur est insupportable même le soir. Tout le monde est dehors. Les cafés et les bars sont bondés, la musique forte. Des centaines de personnes pique-niquent au nouveau Parc du Rail, c’est la fête. Soixante kilomètres au sud, à Gaza, des enfants succombent brûlés vifs dans leurs tentes. Terrible réalité où la fête et la mort voisinent dans l’ignorance ou l’indifférence.

Sur la place devant le Musée d’art de Tel-Aviv, rebaptisée « place des Otages », comme chaque samedi soir, des dizaines de milliers de manifestants se réunissent. Ce n’est qu’après le 18 mars, quand Israël a rompu l’accord de cessez-le-feu signé avec le Hamas le 16 janvier 2025, que les familles des otages ont compris que le gouvernement israélien avait complètement abandonné les siens. On les a bombardés, on les a blessés, on les a tués, on les a utilisés pour la promotion du génocide à Gaza.


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Le gouvernement, en effet, a besoin que les otages restent en captivité pour continuer sa campagne d’effacement de Gaza et de sa population. Benyamin Netanyahou en a besoin pour conserver son gouvernement, et son opposition vient de le comprendre. De plus en plus de voix se sont élevées contre la guerre, même au sein de l’armée. Cet été, des centaines de milliers de personnes ont manifesté pour réclamer la fin de la guerre, en demandant avant tout la libération des otages. Les médias français, comme partout dans le monde, parlent de la société israélienne qui se lève.

Quatre systèmes d’éducation publique distincts

Mais peut-on parler de « la société israélienne » ? D’un « peuple israélien » ? Plus de 15 millions de personnes vivent…

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Auteur: Yaël Lerer

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