Histoire : les transbordeuses d’oranges en lutte, le 25 février 1906
Le 29 novembre 1906, un train en provenance de Perpignan annonce son arrivée en gare de Cerbère, dans le Roussillon. À son bord, des briseurs de grève. Avant que le train n’arrive des femmes se couchent sur les rails. Le train s’arrête à seulement deux mètres de la première. Cet acte quasiment suicidaire est le résultat de plusieurs mois de grève pour ces quelques centaines de femmes qui luttent pour leur droit à travailler dignement. Pour comprendre leur lutte héroïque il faut remonter à la fin du XIXième siècle…
Pendant longtemps l’Espagne n’exportait que des agrumes. Les fruits étaient alors chargés dans des bateaux qui traversaient l’océan ou la mer. Avec l’apparition des chemins de fer, le train est finalement préféré comme moyen de fret. C’est alors que, le 21 janvier 1878, la jonction entre les chemins de fer français et espagnols est inaugurée. Les premiers agrumes en provenance d’Andalousie peuvent alors arriver en France, mais la largeur des rails est d’1 mètre 43 en France contre 1 mètre 66 en Espagne. Ces quelques centimètres sont suffisants pour empêcher les trains en provenance d’Espagne de circuler de l’autre côté des Pyrénées. Deux gares sont alors construites de part et d’autre de la frontière. Côté France c’est la ville de Cerbère, située à l’extrême sud de la Catalogne française, qui va connaître un essor économique sans précédent.
Des dizaines d’entreprises, appelées transitaires, sont créées aux abords de la frontière au début du XXème siècle. Ces sociétés sont chargées d’assurer la continuité du transport des agrumes en déchargeant les marchandises du train espagnol pour les recharger dans le train français. Pour ce faire, les wagons espagnols et français sont reliés par un pont en bois, une équipe de 5 personnes est alors chargée de mettre les…
Auteur: B

