Le 25 janvier 1995, il est environ 21h15 en Angleterre. Éric Cantona, célèbre footballeur français et joueur de l’équipe de Manchester United, s’avance vers la tribune. Sans crier gare, il lance un kick acrobatique vers un homme dans le public, pied droit parallèle au sol, comme en lévitation. Le coup touche l’individu au torse. Stupéfaction générale. Cantona revient à la charge, et assène un coup de poing qui fait reculer le supporter d’une dizaine de mètres. Ce dernier, Mathew Simmons, est un hooligan néo-nazi. Les images font le tour du monde.
Ce soir-là, Manchester joue contre l’équipe de Crystal Palace. L’atmosphère est tendue. Éric Cantona, star du foot international, subit des sifflets du public anglais et des tacles à répétition de ses adversaires. Il finit par en rendre un. Carton rouge. Exclusion. C’est alors qu’il regagne les vestiaires que Matthew Simmons s’approche au plus près du terrain pour lui hurler «enculé de bâtard de Français». La provocation de trop, qui entraîne le kick légendaire.
«L’affaire Cantona» démarre. La presse britannique réclame la suspension définitive du joueur français. Il est finalement interdit de terrain pour 4 mois. Surtout, elle finit par découvrir que Matthew Simmons est un sympathisant du National Front, un parti d’extrême droite britannique, dont les membres sont des néo-nazis qui multiplient les agressions racistes. Le hooligan est d’ailleurs connu pour de nombreux faits de violence. L’image du kick devient un symbole antifasciste.
Pour autant, la carrière de Cantona est abîmée. De l’avis de certains observateurs sportifs, le coup de pied lui coûtera une place en équipe de France et écourtera sa carrière internationale.
Éric Cantona ne s’excusera pas pour autant. Il déclare dans une interview à la BBC quelques années plus tard : «Ce genre de gars n’a pas sa place dans un stade. […] Je pense que c’est comme un…
Auteur: B

