Le 19 mars 2022, en pleine campagne présidentielle, des fascistes armés, amis avec des policiers, assassinent une star du rugby : silence médiatique et politique total
«Le déballage actuel est à vomir !» C’était la réaction de l’avocat de la famille du rugbyman Federico Martín Aramburú le 20 février dernier, à propos des hommages à Quentin Deranque. Cet adorateur d’Hitler, entraîné au combat et auteur d’une embuscade contre des antifasciste à Lyon était transformé en Saint par toute la République. Sa grosse tête apparaissait en format XXL sur l’hôtel de la région Rhône-Alpes au cœur de Lyon. Une minute de silence au Parlement était organisée pour ce néo-nazi – un fait inédit dans l’histoire française. L’intégralité des médias publiaient des portraits enjôleurs du nervis hitlérien, décrit comme un jeune «philosophe catholique» pendant que les antifascistes étaient diabolisés et férocement réprimés pour s’être simplement défendus. Nous avons assisté à l’un des moments politiques les plus écœurants depuis la Libération, et à la campagne d’intoxication médiatique la plus ignoble jamais vue dans ce pays.
Car toutes les victimes ne se valent pas, et c’est ce que rappelait cet avocat. Les personnes tuées par l’extrême droite n’ont pas le droit à leurs portraits sur les bâtiments officiels, ni à plusieurs semaines de drame médiatique, ni à une minute de silence. La preuve avec Federico Martín Aramburú. L’avocat de sa famille faisait la comparaison entre le délire pour Quentin Deranque et «le silence politique d’il y a quatre ans, une monstruosité violemment assénée aux amis et à la famille [du défunt] ainsi qu’à toutes les victimes, avant et après lui».
Maître Christophe Cariou-Martin rappelait qu’à l’époque, il n’y a eu «aucune réaction publique, aucune condamnation». «Il y avait de tels manquements que le gouvernement n’avait…
Auteur: B

