Le 3 juin 1981, il y a exactement 45 ans, le Conseil des ministres annulait l’extension du camp militaire du Larzac. Un vaste plateau situé dans le sud de la France, à cheval sur l’Aveyron, l’Hérault et le Gard. Cette décision du gouvernement Mitterrand qui venait d’être élu n’était pas un cadeau, mais le résultat de 10 années de lutte acharnée, d’un rapport de force populaire massif et déterminé, réunissant des paysans en résistance, des ouvriers syndicalistes, des écologistes, des communistes, des anarchistes…
Si vous vous sentez déprimé par l’ambiance guerrière, si vous ne savez pas par où commencer pour lutter contre le militarisme, la victoire du Larzac nous montre qu’il est possible de gagner contre une institution aussi puissante et dangereuse que l’armée. Retour sur cette lutte emblématique.
Tout commence dix ans plus tôt, le 28 octobre 1971. Michel Debré, ministre de la Défense nationale du gouvernement de droite au pouvoir annonce à la télévision l’agrandissement du camp militaire sur le plateau du Larzac. Il veut quasiment multiplier sa surface par six, passant de 3.000 hectares à 17.000. Nous sommes en pleine guerre froide. La génération du Baby boom fait son service militaire et il faut augmenter les capacités d’encasernement. Le gouvernement veut agrandir ce site militaire à proximité d’une base de lancement de missiles nucléaires située à 150 kilomètres. Seul bémol : des paysans vivent sur cette terre pauvre et âpre, ils élèvent pour la plupart des brebis, et il va falloir les expulser. Une simple formalité, pense le pouvoir.
Mais dans les années 1970, nous sommes encore dans la vague contestataire de Mai 1968. La guerre d’Algérie et la barbarie de l’armée française sont dans toutes les têtes. On se souvient aussi de la tentative de coup d’État de généraux en 1961. On proteste contre le putsch fasciste de Pinochet au Chili et les régimes militaires…
Auteur: B

