Jacques Bonsergent, assassiné pour l’exemple dans le Paris occupé
Il est tôt, ce 24 décembre 1940 à Paris, jour du premier Noël sous la botte de fer nazie. Des affiches ont été placardées sur les murs, laconiques, écrites en français et en allemand : «Jacques Bonsergent a été condamné à mort pour acte de violence envers un membre de l’armée allemande. Il a été fusillé ce matin». Les habitants de la capitale découvrent ainsi la première annonce de l’exécution d’un civil dans le Paris occupé.
Quelques mois plus tôt, Hitler paradait dans la capitale, après que son armée ait envahi la France avec une facilité déconcertante, et soit entrée dans Paris quasiment sans tirer un coup de feu. La ville lumière vit sous couvre-feu, des années noires commencent, et la résistance est embryonnaire. Le Parti Communiste n’a pas encore lancé ses forces dans la bataille, le maréchal Pétain a obtenu les pleins pouvoirs, de Gaulle n’est qu’un obscur militaire réfugié au delà des mers, les premiers résistants sont isolés et n’ont aucune coordination.
Jacques Bonsergent n’a que 28 ans. Il est ingénieur, originaire du Morbihan, en Bretagne. Toujours proche d’une bande d’amis rencontrés lors de ses études à l’École des Arts et Métiers, il part célébrer le mariage d’un des copains le 10 novembre. La bande revient des noces vers 21 heures gare Saint-Lazare. Paris est dans la pénombre, l’armée allemande a décrété l’extinction des feux. Les jeunes gens s’en moquent, il chantent dans la rue.
Au niveau d’un bar, une altercation éclate avec des soldats allemands. Selon certains témoignages, les copains auraient croisé un sous-officier allemand ivre, qui aurait posé sa main sur la jeune mariée. Une brève bagarre a lieu, un coup de poing est donné à un soldat. Dans la confusion, Jacques s’interpose, alors que le groupe se disperse en courant. Jacques est rattrapé, il est…
Auteur: B

