Un moment historique. Emmanuel Macron va reconnaître officiellement l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies ce lundi 22 septembre, près de deux ans après début de la guerre entre Israël et le Hamas. Un événement qui remet en lumière la démarche avec laquelle, il y a 76 ans, la France avait reconnu l’État d’Israël.
Après la proclamation de l’État d’Israël le 14 mai 1948, Washington n’avait attendu que 11 minutes pour reconnaître le nouvel État. Moscou avait suivi trois jours plus tard. Paris, en revanche, mettra près de neuf mois pour franchir le pas, le 24 janvier 1949, via une simple lettre de Robert Schuman, alors ministre français des affaires étrangères, décrite comme « concise et d’un style très peu chaleureux » par l’ancien ambassadeur israélien Arie Avidor.
Pourquoi un tel délai ? À l’époque, la France évolue dans un contexte diplomatique et géopolitique extrêmement sensible. Après la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, l’idée d’un État juif gagne du terrain sur la scène internationale. La Grande-Bretagne, alors puissance mandataire en Palestine, doit gérer l’arrivée sur place d’une immigration juive clandestine et à de fortes tensions avec la population arabe locale.
La France, « puissance arabe et musulmane »
En France, plusieurs figures du gouvernement Ramadier, comme les socialistes Jules Moch et Édouard Depreux, soutiennent la création d’un État juif. Des intellectuels comme Jean-Paul Sartre ou Raymond Aron s’engagent dans la Ligue pour la Palestine libre, fondée en 1946.
Lors du vote de la résolution 181 des Nations unies, le 29 novembre 1947, Paris se prononce en faveur de la « solution à deux états » – l’un juif, l’autre arabe. Dans son Journal, le président de la République Vincent Auriol évoque « des pressions très fortes laissant entendre que cela (l’abstention française…
Auteur: Charlotte de Frémont
