LRLP : Que vous inspirent les 51 mesures de ce PNACC ?
IM : Pour commencer, il arrive avec 10 mois de retard suite aux turpitudes politiques qui ont agité le pays dernièrement. Et après lecture attentive, je pense qu’il est sans boussole et surtout sans financement. Je dirais que, du point de vue du diagnostic, les services du ministère de la Transition écologique ont bien travaillé. Chacune des mesures prises individuellement peut paraître pertinente dans le cadre d’une adaptation. Mais, et c’est essentiel, elles ne sont ni quantifiées, ni financées, ni planifiées, ni articulées dans un plan global.
LRLP : Un exemple ?
IM : La mesure 13, titrée “Renaturer les villes pour améliorer leur résilience face au changement climatique” propose la renaturation de 1 000 ha par an d’espaces urbains, en les désimperméabilisant. Or on imperméabilise au moins 20 000 ha par an ! Et un peu partout, on trouve des ordres de grandeur un peu farfelus. Et ce plan arrive dans une austérité budgétaire particulièrement forte. Comment penser que ce plan va pouvoir nous permettre de s’adapter ? Par ailleurs, il n’y a pas plus de mesures d’atténuation. On est donc sur un mode incantatoire assez peu rassurant.
LRLP : Pourtant Michel Barnier insiste sur la dette écologique
IM : Le Premier ministre parle de double dette : écologique et financière, en les plaçant au même niveau. Je m’inscris vigoureusement en faux ! Il n’y a pas de dette écologique. Le changement climatique est déjà très avancé et c’est irréversible, tout comme l’effondrement du vivant. C’est-à-dire que nous sommes face à une destruction d’une partie des conditions d’habitabilité de la planète et donc de notre vie. Et cette dynamique ne peut qu’être stoppée, pas inversée. Nous ne rembourserons pas la dette, nous nous contentons d’infliger les conséquences de notre incurie aux communs et aux générations à venir.
LRLP : …
Auteur: La Relève et La Peste

