Illusions et désillusions du métier de savant

En 2025, les doctorant·es de mon laboratoire – le Centre Pierre Naville de l’Université d’Évry Paris-Saclay – m’ont convié à leur séminaire afin d’aborder avec elles et eux le métier de chercheur·e tel qu’il s’exerce dans le secteur public. L’objet de cette invitation fait écho à la question que posait Max Weber dans Le savant et le politique lorsqu’il se demandait « comment se présente le métier de savant, au sens concret du mot ? Comment se présente la situation d’un étudiant qui a terminé ses études et qui est décidé à faire de la science son métier, dans le cadre de la vie universitaire » (Weber, 1959 [1917] : p. 71). Une question importante pour un·e étudiant·e en formation ou un·e jeune chercheur·e qui vient d’intégrer le milieu académique et veut comprendre où « il met les pieds ».

D’autant plus qu’il existe un décalage entre l’image couramment véhiculée de cet univers professionnel et sa réalité. D’un côté, il y a en effet l’idée que l’on s’en fait de pouvoir y mener une recherche passionnée, au sens de la libido sciendi, celle de la passion d’accéder à une « vérité », libre, désintéressée, voire critique, tout en disposant du temps nécessaire pour la mener. De l’autre, une fois que l’on a intégré le milieu scientifique, on éprouve le sentiment de devoir composer avec une série d’obligations ou de contraintes – d’« avaler des couleuvres » comme on a pris l’habitude de dire – et de subir des déconvenues non négligeables qui se traduisent par des pressions amicales, de la censure, de la rivalité, de la précarité, du pillage intellectuel, voire du harcèlement et de la violence (Le Lay et Chambard, 2023). La prise de conscience d’une telle situation conduit parfois certain·es chercheur·es à des décisions radicales, comme abandonner la réalisation de sa thèse, démissionner de son poste pour aller enseigner dans le…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: romain romain

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com