Feugarolles (Lot-et-Garonne), reportage
Sur le chemin qui mène au campement de la « zad du milieu », un habitant venu garnir les rangs de la mobilisation s’amuse du « curé [qui] a mis la pelle en travers du chemin ». Il ne s’agit pas d’un message codé. Dos à des véhicules de gendarmerie, Jean-Jacques, 76 ans, curé à la retraite, remblaie le chemin d’accès qui mène vers son bois à l’aide d’une mini-pelle. « Vous avez vu l’état du chemin ? Il va pleuvoir ce soir, donc il faut l’entretenir, je ne veux pas qu’il se creuse », nous explique, en guise d’alibi, cet allié de la lutte contre la LGV Bordeaux-Toulouse, un sourire en coin.
Mercredi 30 septembre au matin, une intervention de gendarmerie était prévue au bois de Lacoué, à Feugarolles (Lot-et-Garonne), sur des parcelles dont il est propriétaire. Des déboisements sont prévus dès le 1ᵉʳ octobre dans le cadre de fouilles archéologiques préalables aux travaux. C’est au cœur de ce bois de feuillus que des militants ont installé une zad, il y a près de deux semaines.
Mardi 29 septembre, un arrêté préfectoral avait été publié afin de démonter les cabanes construites par les opposants. La justification : « Prévenir le risque d’éclosion d’un incendie » en faisant valoir une vigilance orange risque sur le Lot-et-Garonne. Le jour de l’arrêté préfectoral et lors du démontage de la zad, Météo-France annonçait pourtant une vigilance verte feux de forêts sur le département, soit le plus faible niveau d’alerte.
Jean-Jacques, né à Feugarolles, est opposé à ce projet qu’il juge « d’un autre temps » : « Les gens qui payent pour ce projet — avec leurs impôts et la détérioration des zones naturelles et agricoles — ne sont pas ceux qui vont en profiter. »
L’autoroute ferroviaire Bordeaux-Toulouse permettrait de gagner 56 minutes de temps de trajet entre les deux métropoles, selon les porteurs…
Auteur: Nicolas Beublet, Timothée Buisson
