« J’ai été de ces enfants privés d’école. » Anina Ciuciu, 35 ans, est aujourd’hui avocate. Mais elle sait aussi ce que signifie vivre dans la précarité et devoir lutter y compris pour son droit à la scolarité. C’est pour ça qu’elle a cofondé l’association École pour tous. Fin septembre, l’organisation qui réunit des personnes exclues du droit à aller à l’école a présenté ses revendications pour garantir le droit à l’éducation à tous les enfants de France. Le Code de l’éducation est bien censé veiller « à la scolarisation inclusive de tous les enfants, sans aucune distinction ». Dans les faits, ce droit n’est pas encore garanti à toutes et tous.
Anina Ciuciu, 35 ans, est aujourd’hui avocate. Mais quand elle était enfant, ses parents, gens du voyage, on rencontré des difficultés pour l’inscrire à l’école. Elle a fait face à la xénophobie des élèves.
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D’origine rom roumaine, Anina Ciuciu était enfant quand sa famille a fui la Roumanie à cause de la xénophobie. Après quelques temps passés en Italie dans une situation très précaire, la famille rejoint la France. Là, sans toit, elle a logé en bidonville, dans un squat, en a été expulsée, a dormi dans un foyer de travailleurs, une voiture… « pendant des mois et des mois », se souvient la femme trentenaire. Les parents d’Anina tenaient malgré tout à envoyer leurs enfants à l’école. Mais parce qu’ils vivaient à l’époque dans un camion, le maire de la commune a refusé d’inscrire la petite fille dans un établissement.
« Ça a été un vrai combat pour pouvoir s’inscrire », souligne-t-elle. Une fois scolarisée, comme pour beaucoup d’enfants du voyage, Anina a connu « le harcèlement raciste ». « Il a fallu un courage hors du commun pour continuer malgré les insultes, le rejet et l’humiliation ». Malgré tout, l’école « était la porte de sortie » hors de la précarité….
Auteur: Margaret Oheneba

