Leucémies, malformations type bec-de-lièvre, troubles du neurodéveloppement… Avec leur enquête Pesticides kids, publiée le 18 septembre aux éditions Nuriturfu, les journalistes Nolwenn Weiler et Sophie Chapelle montrent la vie abîmée des enfants malades des pesticides et « démontrent le grand écart entre les décisions politiques et l’état des connaissances » scientifiques, disent-elles. À travers la parole des victimes, des médecins et des chercheurs, elles nous offrent un argumentaire implacable sur les dangers de ces substances toxiques.
Reporterre — La parole des victimes, celle des enfants mais surtout celle de leur mère, nous accompagne tout au long de votre livre. Pourquoi ce choix ?
Sophie Chapelle — Le témoignage des parents qui ont eu recours au Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides est le fil rouge de notre enquête. Pour donner la parole aux premiers concernés et leur permettre de raconter toutes les difficultés qu’ils ont rencontrées pour faire reconnaître les préjudices subis par leurs enfants malades, dont certains sont morts.
Nolwenn Weiler — Le témoignage des victimes permet de dire le réel de ces vies d’enfants, fracassées par la maladie. Dans la préface, Cloé, qui a 17 ans cette année, nous parle de sa bataille contre une leucémie depuis ses 10 ans. Il faut raconter ce que traversent ces familles, ce que représentent les centaines de piqûres d’une chimiothérapie ou, pour la mère et son nourrisson, une opération juste après l’accouchement.
Vous suivez les dangers des pesticides depuis plusieurs années pour le média « Basta ! ». Pourquoi en faire un livre aujourd’hui ?
N. W. — L’idée était de réunir dans un seul ouvrage toutes les connaissances sur les dangers des pesticides pour la santé des enfants. Il faut savoir que cette question est tellement bien documentée scientifiquement, notamment par deux expertises de l’Inserm en 2013 et…
Auteur: Magali Reinert
