« Ils nous disent qu’on n’est pas en prison, mais c’est pire qu’en prison »


Alors que le Sénat vient de voter la proposition de loi LR faisant passer de 90 à 210 jours, soit quasiment 7 mois, la durée maximale de rétention et que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, plaide pour allonger cette durée à 18 mois, un demandeur d’asile africain, débouté, témoigne depuis le centre de rétention administrative (CRA) de Toulouse des conditions d’enfermement marquées par la faim, le froid et la violence.


Ça fait un mois et trois semaines que je suis au CRA. J’ai eu une peine de prison de deux ans et sept mois. Et le dernier jour, où je devais être libéré, ils ont appelé la police aux frontières et ils m’ont amené ici.

Vous savez, ici, ils nous retirent nos téléphones. Ils nous donnent un petit téléphone mais on ne peut pas appeler nos familles pour dire qu’on est en vie. On n’a le droit qu’à six minutes d’appel pour trois mois et nos familles n’ont pas nos numéros. Les chambres sont très sales. On est deux par chambre. Il n’y a pas de chauffage à l’intérieur et il y fait très froid. Dans la chambre, on a seulement une couette et un drap par-dessus le matelas. Si un de nos amis est sorti du CRA, on prend ses draps, pour renforcer la chaleur. Mais au bout de quelques jours, la police nous confisque les draps.


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Le médecin me donne des médicaments contre la douleur mais ça creuse le ventre. Et ici on n’a pas assez à manger. Ils nous donnent que des légumes. Pas de pâtes. Pas de viande. L’autre jour, j’ai fait un examen médical. Y avait un bout de pain qui traînait sur une table. J’ai voulu le manger. Le policier m’a demandé si ça m’appartenait. J’ai dit non. J’ai pas insisté pour ne pas avoir de problème avec…

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