Madrid (Espagne), correspondance
« Je n’ai jamais vu un feu comme celui-là », dit au bout du fil Eva Maria Valez Fernandez, une habitante de Molinaseca, en Castille-et-León. Cette région du nord-ouest de l’Espagne est l’une des plus touchées par la vague de gigantesques incendies qui affecte le pays depuis début août.
Des milliers de personnes ont dû être évacuées, des villages entiers sont partis en fumée et des sites historiques comme Las Médulas, une zone d’anciennes mines d’or romaines classée au patrimoine mondial de l’Unesco, ont été calcinés.
« Ça fait dix jours que cet incendie ravage tout, ça me terrifie. Je vois le feu qui avance, mais aujourd’hui [le 18 août] je n’ai entendu aucun avion ou hélicoptère. Où sont-ils ? Ils nous ont complètement abandonnés », se désole Eva. Des images de citoyens luttant contre les flammes avec des moyens du bord, comme des pelles ou des tuyaux d’arrosage, circulent de plus en plus avec à chaque fois le même slogan : « Solo el pueblo salva al pueblo » (« Seul le peuple sauve le peuple »).
Les autorités sont débordées par l’intensité et la multiplication des départs de feux ces derniers jours. Plus de 343 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année en Espagne, selon les dernières données du Système européen d’information sur les incendies de forêt (Effis). Soit environ 490 000 terrains de football. Un triste record historique pour le pays, battant celui de 2022, où 306 000 hectares étaient partis en fumée.
Pendant que les incendies font toujours rage dans les régions d’Estrémadure, de Galice et de Castille-et-León, et ont coûté la vie à au moins quatre personnes, dont un pompier, les attaques politiques fusent de toute part. Les gouvernements régionaux de droite et le gouvernement central de gauche se renvoient la balle sur les moyens déployés.
« Il faut arrêter ces attaques politiques. On…
Auteur: Romain Chauvet

