Une eau aussi polluée que « dans un port industriel »
Le samedi 1er mars 2024, après deux mois de marche, ils entrent tous deux dans l’Académie du climat qui a fait salle comble pour les accueillir. Comme un symbole, quelques kilomètres plus loin, la Confédération Paysanne manifeste place de la République pour un revenu paysan et une sortie de l’agrochimie. Cette dernière partage le même constat que Joseph Garrigue lorsqu’il décrit son périple : « la biodiversité s’effondre ».
L’écologue est l’ancien conservateur de la réserve de Massane, qui détient le record mondial d’étude du vivant avec plus de 40 000 espèces répertoriées. Il s’est lancé dans cette aventure après une analyse des dendrotelmes de la réserve, de petites mares créées dans le creux des arbres.
L’étude a révélé la présence d’une énorme quantité de métaux lourds dans ces eaux : « l’équivalent de ce qui va être retrouvé dans un port industriel comme Marseille ». Cette pollution, qui arrive avec les pluies et le vent, s’accumule au fil du temps.
L’agriculture et les pesticides ne touchent pas que les champs, ils infiltrent tous les sols, l’air et les milieux aquatiques. Mercure, plomb, arsenic, sulfate de cuivre… autant de composés retrouvés en grande quantité dans les eaux de la forêt de Massane et utilisés dans l’agrochimie, notamment sur les vignes qui entourent la réserve.
Les animaux viennent s’abreuver dans ces dendrotelmes, notamment en période de sécheresse. C’est ainsi que chaque individu, végétal ou animal, de l’écosystème se retrouvent infecté.
« La forêt est salie, souillée par l’activité humaine » alerte le scientifique auprès de La Relève et La Peste
Les Pyrénées-Orientales subissent de plein fouet le réchauffement climatique. Les canicules s’enchaînent. Durant les 25 dernières années, la forêt de Massane a perdu 30% de ses arbres adultes. Face à l’impuissance et…
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Auteur: Florian Grenon

