La série noire se poursuit pour EDF. Jeudi 13 janvier, le groupe a annoncé qu’un quatrième réacteur nucléaire, Penly 1, en Seine-Maritime, était concerné par un problème de corrosion sur son système d’injection de sûreté — un dispositif d’une importance capitale en cas d’accident. Son arrêt a été prolongé jusqu’à fin mai. Reporterre fait le point sur la situation.
- Combien de réacteurs sont concernés par ce problème ?
Ce problème de corrosion a été détecté sur quatre réacteurs : les deux réacteurs 1 et 2 de 1 450 mégawatts (MW) de la centrale de Civaux (Vienne), le réacteur B2 de 1 450 MW de Chooz (Ardennes) et donc le réacteur 1 de 1 300 MW de Penly.
Tous sont à l’arrêt dans l’attente du remplacement des pièces défectueuses et resteront indisponibles pendant des mois. Aux dernières nouvelles, Civaux 1 devrait redémarrer le 31 août et Civaux 2 le 31 décembre. Chooz 2 ne reprendra du service que le 31 décembre. Quant à Penly 1, il ne sera reconnecté au réseau que le 30 mai.
Le réacteur B1 de Chooz est également à l’arrêt jusqu’au 11 février au moins, sans qu’EDF ne révèle s’il est concerné par ce problème. « Les contrôles et expertises sont toujours en cours (…) et vont se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un bilan complet », a écrit le groupe à Reporterre. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), elle, a écrit à Reporterre que Chooz B1 rencontrait également ce défaut de corrosion et qu’il ne redémarrerait que le 27 juillet prochain.
- De quel défaut parle-t-on ?
Civaux 1 et 2, Chooz B2 et Penly 1 présentent tous un phénomène de corrosion et des microfissures à la jonction de leur circuit primaire et de leur système d’injection de sûreté. Le circuit primaire transporte l’eau qui refroidit le cœur du réacteur, formé de la cuve et du combustible nucléaire qu’elle contient. Quant au circuit d’injection de sûreté, il permet d’injecter de l’eau borée dans le circuit primaire en cas de brèche et de perte d’eau dans ce dernier. Objectif : éviter la surchauffe du combustible et la fusion du cœur — ce qui s’était produit lors des accidents de Tchernobyl et de Fukushima.
Plus précisément, il s’agit d’une « corrosion sous contrainte », explique à Reporterre Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Soit « un phénomène de corrosion localisé qui se produit sous l’effet d’une contrainte mécanique et…
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Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

