Les Libyens, ils peuvent nous arrêter partout. Dans les maisons. Ils peuvent casser la porte de chez vous, ramasser votre argent, votre téléphone. Dans la rue. Quand ils vous voient dans la rue, ils vous embarquent. Certains, ils les arrêtent en traversant la Méditerranée pour aller en Europe. On se retrouve en prison. C’est du business. C’est du kidnapping. Tu prends quelqu’un qui n’est pas en infraction et tu dis qu’il faut payer. C’est ça leur plus grand business en Libye. Un Arabe construit une prison, ça devient son business.
Un nom d’usage a été utilisé pour protéger la personne qui nous livre son témoignage.
La vie dans la prison c’est vraiment horrible. On était des centaines, deux cent, trois cents dans la cellule. À l’intérieur, il fait très chaud. Il n’y a pas de fenêtre. Il y a une sale odeur qui vous prend, je ne sais pas comment qualifier ça. Les gardiens, ils mettent des somnifères dans la nourriture. Ça rend malade. Mon fils de neuf mois est tombé gravement malade. Les gardiens, avec eux, c’est la merde. Ils ont des fusils, ils font peur. Ils tirent avec le fusil partout. Si la balle te touche, c’est toi qui saigne, c’est toi qui meurs, c’est pas leur problème.
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Les gardiens, ils prennent nos frères noirs. C’est eux qui font les intermédiaires. Les frères noirs, ils prennent un pourcentage. Parce que quand ils te mettent en prison, tu dois payer de l’argent pour sortir et c’est eux qui disent combien tu dois payer pour sortir. Et eux,…
Auteur: Pauline Migevant

