C’est un geste hautement symbolique et la fin d’un long combat pour préserver un « joyau » du patrimoine national. Jeudi 18 décembre, le conseil municipal d’Épinal signe l’autorisation de rachat de la mythique Imagerie d’Épinal, une institution fondée en 1796, toujours debout mais qui semblait s’être quelque peu égarée ces dernières années.
Les estampes populaires n’étaient plus au cœur de l’activité de cet atelier, transformé en fabrique de papier peint et en point relais pour retirer les colis. Alors que ce morceau d’histoire se trouvait en grande difficulté financière, le maire de la ville, Patrick Nardin (divers droite) tentait par tous les moyens de le racheter depuis 2021, pour lui donner une nouvelle vie.
Une affaire remontée jusqu’à la Cour de cassation
L’affaire opposant le propriétaire privé des lieux et la mairie est remontée jusqu’à la Cour de cassation où la ville a fini par obtenir gain de cause. Pour 650 000 € (150 000 € financés par la ville, le reste par des subventions), elle deviendra ainsi propriétaire de l’Imagerie d’Épinal à compter du 1er janvier 2026.
Avec cette opération, la mairie va acquérir les bois et les 6 900 pierres lithographiques qui ont servi pendant deux siècles à la fabrication des fameuses images d’Épinal qui avaient acquis une renommée au niveau national et même international.
Des premières images à la gloire de l’empereur
Tout commence au début du XIXe siècle. La conjoncture n’est pas bonne pour les petits imprimeurs français spécialisés dans la production d’images religieuses à distribuer au grand public. Avec la révolution et l’anticléricalisme ambiant, la demande pour ce genre d’illustrations est en chute libre. Les petits ateliers ont donc presque tous disparu.
Dans les Vosges, région forestière où la gravure sur bois est répandue, il en subsiste quelques-uns. Un fabricant de carte à…
Auteur: Elisa Brinai

