Imaginer le post-capitalisme. Utopie, planification et pouvoir populaire

La disparition de l’idée de planification a coïncidé avec le déclin de l’aspiration de la classe travailleuse à créer un monde qui dépasse les limites des rapports sociaux capitalistes. Mais aujourd’hui, la planification est de retour. Et elle revendique la capacité d’imaginer et de produire un avenir qui ne soit pas un simple pastiche de la société existante. Le texte qui suit est un extrait de l’ouvrage Gobernar la utopía : sobre la planificación y el poder popular [Gouverner l’utopie : sur la planification et le pouvoir populaire] (Caja Negra Editora, 2021).

C’est dans la tentative d’hasarder des hypothèses, dans le désir de tracer des cartes cognitives, que se trouve le début de la sagesse.

Fredric Jameson, L’esthétique géopolitique

En 2019 s’ouvre une séquence de manifestations qui a bouleversé le paysage social et politique de l’Amérique latine. La réalité accablante de l’inégalité extrême, de l’injustice sociale, de la violence étatique et de la souffrance socio-écologique a fissuré le consensus néolibéral des trois dernières décennies, entrainant des manifestations de masse dans les rues et sur les places de la région. Au-delà des spécificités de chaque territoire, les demandes étaient claires et univoques : redistribution des richesses et démocratisation du pouvoir politique et économique.

Par la suite, la pandémie mondiale du coronavirus a non seulement exacerbé mais aussi rendu encore plus visibles les profondes fractures – de classe, raciales, écologiques et de genre – que le néolibéralisme tardif a rendues possibles. La gauche officielle, pour sa part, a été incapable d’avancer un projet de transformation viable et durable dans le temps. Les plans de redistribution mis en œuvre par les différentes administrations progressistes de la région ont laissé intact un régime d’exportation primaire dont la preuve de son caractère désastreux sur le plan écologique…

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Auteur: redaction