Le chef libéral Mark Carney a réussi un revirement politique spectaculaire lors des élections du 28 avril, en convainquant les électeurs qu’il était le meilleur candidat pour lutter contre les menaces d’annexion du président américain Donald Trump. Reste à déterminer si le prochain gouvernement sera majoritaire, ou minoritaire.
« Nous avons surmonté le choc de la trahison américaine ; nous devons prendre soin les uns des autres », a-t-il déclaré à ses partisans en liesse lors de son discours de victoire à Ottawa.
« Ensemble, nous construirons un Canada digne de nos valeurs. Un Canada fort, un Canada libre, un Canada pour toujours, vive le Canada ! »
Les Canadiens ont accordé aux libéraux leur quatrième mandat depuis 2015, même si la course contre les conservateurs a été beaucoup plus serrée que ne le prédisaient les sondages.
Il y a seulement quatre mois, le chef conservateur Pierre Poilievre avait toutefois une avance de 25 points dans les sondages d’opinion et semblait assuré de remporter la victoire.
Mais l’avance de Poilievre a fondu en raison d’un revirement de l’opinion publique durant les mois qui ont précédé le début de la campagne. La démission de Justin Trudeau au début du mois de janvier, puis la candidature officielle de Mark Carney à la direction du Parti libéral ont radicalement changé le paysage politique.
Le soutien aux libéraux a bondi en quelques semaines, dès lors que Mark Carney est devenu chef du parti et que Donald Trump a continué de menacer le Canada de devenir le 51e État américain et d’imposer — ou menacer de le faire — des droits de douane exorbitants.
Le parti est passé de 20 points de retard sur les conservateurs à une avance leur permettant de les dépasser et d’espérer remporter une quatrième victoire consécutive. Un revirement qualifié de « sans précédent » par Frank Graves, sondeur de longue date.
Auteur: Fiona MacDonald, Associate Professor, Political Science, University of Northern British Columbia

