Nicolas Pinsard discute le dernier livre de l’économiste Claude Serfati, spécialiste des questions militaires et des industries d’armement : Un monde en guerres, récemment paru aux éditions Textuel.
Analyser les rapports de pouvoir inscrit notamment dans les guerres (re)devient un sujet essentiel pour comprendre la dynamique des sociétés contemporaines en raison d’une double actualité : internationale et scientifique.
La guerre en Ukraine et le génocide en cours dans la bande de Gaza remettent sur le devant de la scène le fait que les pays européens sont pris dans et participent à une dynamique guerrière sur leur propre sol d’une part, et d’autre part qu’il existe un deux poids deux mesures dans la légitimité d’un peuple à se défendre. Comment interpréter ces phénomènes ? Claude Serfati, dans son ouvrage Un monde en guerres (2024), délivre une grille de lecture permettant de saisir ces dynamiques régionales et mondiales.
Les termes « monde » et « guerres » doivent être pris au sérieux pour comprendre l’orientation de l’ouvrage. Depuis la chute de l’URSS en 1991, l’interdépendance et la connexion des pays se sont renforcées. Seulement, loin d’avoir engendré une « mondialisation heureuse » comme l’annonçaient les libéraux, à la fois les conflits armés sont en hausse ainsi que le nombre de types de conflits : politiques, sociaux et environnementaux.
Le titre de l’ouvrage doit dès lors se comprendre comme la proposition théorique de mettre en relation les conflits sous toutes leurs formes et notre monde ; un monde davantage connecté, certes, mais qui reste hiérarchisé avec à son centre le « bloc transatlantique » dans lequel se trouvent notamment l’Union européenne, Israël, et les États-Unis qui assurent le rôle de pays dominant.
De plus, au sein même de ce bloc, des changements de grande ampleur ont cours, notamment au sein de l’Union…
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Auteur: redaction

