Soixante-et-onze femmes souffrant de complications liées à des implants vaginaux ont porté plainte vendredi pour qu’un juge d’instruction soit saisi, après un premier classement sans suite de leurs plaintes, a-t-on appris vendredi 22 mai auprès de leurs avocates. Par cette plainte avec constitution de partie civile, révélée par Le Parisien, ces femmes « mutilées » espèrent « qu’une justice indépendante dise la vérité de cette affaire sanitaire pour les unes, économiques pour les autres », ont déclaré Mes Amandine Sbidian, Hélène Patte et Laure Heinich.
La procédure de plainte avec constitution de partie civile permet la saisine, quasi systématique, d’un juge d’instruction. La plainte contre X a été déposée vendredi au tribunal de Paris pour tromperie aggravée, blessures involontaires, mise en danger d’autrui, abstention volontaire d’empêcher des crimes ou délits contre l’intégrité corporelle.
Les accusations, qui visent des faits s’étalant de 1994 à 2022, avaient déjà fait l’objet d’une enquête préliminaire au pôle Santé publique, classée en décembre 2024. Le parquet avait estimé qu’il n’était « pas apparu de manquements à la réglementation en vigueur », ni « par les fabricants », ni « par les organismes notifiés en charge de la certification », selon la motivation du classement consultée.
Les plaintes visent aussi les organismes publics
Une décision qui tranche avec l’analyse d’autres pays, estiment les avocates. « L’affaire des implants vaginaux a fait scandale dans le monde entier, donnant lieu à des indemnisations pour des victimes dans de nombreux pays », soulignent-elles. Dans leur plainte, une femme décrit ne plus pouvoir « faire de sport, croiser ses jambes, mettre des chaussures à talons, de vêtements trop serrés », tandis qu’une autre souffre de « douleurs à l’anus » l’empêchant de s’asseoir…
Auteur: La Croix (avec AFP)

