Ce texte est tiré du numéro d’octobre 2026 de Lignes d’Attac, le journal trimestriel de l’association, disponible en adhérant ou en s’abonnant.
Pour les partisans de ces baisses, c’est-à-dire des politiques d’austérité budgétaire, le but recherché est tout sauf de faire réaliser des économies à l’ensemble des contribuables. A l’approche du projet de loi de finances 2027 et des élections présidentielles, il est essentiel de revenir sur les motivations réelles des baisses d’impôt.
Les baisses d’impôt assèchent l’action publique et favorise les privatisions
Toute réduction des recettes fiscales ou sociales entraîne une diminution des moyens alloués aux services publics et à la protection sociale. Cette contraction des moyens financiers crée des conditions favorables à des privatisations, dans la droite ligne des idéologies néolibérale et/ou libertarienne, qui veulent ouvrir l’action publique et la protection sociale au marché.
Seulement voilà, pour le secteur marchand, rien n’est gratuit. L’économie réalisée par les contribuables avec les baisses d’impôt se transforme alors en dépenses privées, souvent plus élevées, puisque le secteur privé doit dégager un bénéfice. Ce sont alors les ménages (qui en ont les moyens) qui doivent alors financer les services désormais privatisés qui, auparavant, étaient assurés par l’État et accessible à toute la population.
Les baisses d’impôts ne génèrent, par ailleurs, pas ou peu de hausse du pouvoir d’achat pour l’immense majorité de la population. Seule une minorité aisée à capter l’essentiel de ces baisses, qui boostent leur pouvoir d’achat (les gains d’impôt étant par ailleurs placés, ce qui a généré des revenus, etc). Compte tenu de ce gain et de leur richesse, ils peuvent plus facilement faire face aux coûts supplémentaires induits par les privatisations. Tel n’est pas le cas des plus modestes. Dans un système de…
Auteur: Ophélie Gath-Drezet
