Alors que la coupure de tous les réseaux par le régime plonge le soulèvement iranien dans le noir, nous avons reçu de nombreuses contributions d’iraniens en exil. Dans celle-ci, l’autrice analyse les tenants de cette farce promue par certains occidentaux et quelques rivaux du régime : le retour du fils du Shah : Pahlavi.
Depuis la Révolution de 1979 et la prise de pouvoir par le régime islamique, les Iraniens subissent, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, une dégradation politique, sociale, culturelle et économique constante. Après quarante-sept ans de coercition normalisée, la question la plus pressante n’est plus de savoir pourquoi le mécontentement existe, mais pourquoi la dictature n’est toujours pas universellement reconnue comme la menace principale pour la vie collective. La persistance de l’autoritarisme est rarement accidentelle ; elle est cultivée par la répétition, la peur et l’érosion progressive de l’imagination politique.
Dans ce contexte, l’opposition iranienne révèle actuellement une division fondamentale. Un courant place ses espoirs dans la restauration d’un leadership symbolique, structuré autour du nom Pahlavi – celui du Shah déchu en 1979 –, interprétant la continuité et la reconnaissance comme des conditions préalables à la transition. Un autre courant rejette non seulement le retour de la monarchie, mais aussi l’hypothèse sous-jacente selon laquelle un leader unique serait nécessaire, en particulier pendant une période de transition suivant l’effondrement de la République islamique.
La tension entre ces positions se réduit souvent à des accusations mutuelles d’immaturité politique. Pourtant, ces interprétations occultent une question plus profonde. Le rejet des modèles centrés sur le leadership ne signifie pas l’absence de responsabilité, quoi qu’en disent les pahlavistes (qui de leurs côté mettent en scène la nostalgie pour le règne fantasmé du Shah) ; il reflète un refus conscient…
Auteur: dev

