Le 12 décembre, le collège Champollion, dans le quartier des Grésilles à Dijon, a été incendié sur fond de guerre contre le narcotrafic. Voici quelques éléments de réflexion.
Que l’on ne s’y trompe pas, la « guerre à la drogue » a comme seul effet de criminaliser les noirs et les arabes les plus précarisés qui se retrouvent pris dans l’engrenage du trafic de drogue. L’ennemi de l’État n’est pas le trafic de drogue mais le traficant de drogue et le petit consommateur de drogue considéré comme « déviant ».
Qu’est-ce que le trafic de drogue ?
Le fameux « narcotrafic » n’a rien à envier à l’économie capitaliste, les producteurs sont des travailleurs agricoles au travail pénible et risqué, les transformateurs et distributeurs sont des tâcherons qui prennent beaucoup de risques sans en vivre aisément. Qui serait prêt à tenir un point de deal, du matin au soir, 7 jours sur 7, sous la pluie, le brouillard, constamment exposé à la brutalité de la répression policière quotidienne : fouilles, humiliations, passages à tabac ? Il n’y a qu’une poignée de personnes qui tirent profit de ce trafic, et comparé au trafic des drogues légales distribuées par les marchands d’alcool, de tabac et de produits pharmaceutiques, ce profit est bien maigre.
Qu’est-ce que la guerre à la drogue ?
Il faut se souvenir dans quel contexte est né la « guerre à la drogue ». nous sommes dans les années 1970, l’ultra-réactionnaire Richard Nixon est président des États-Unis et il cherche un moyen d’anéantir les organisations et mouvements révolutionnaires qui agitent son pays. Il trouve dans le trafic de drogue un moyen formidable de mener à bien son dessein. En favorisant l’introduction de drogue dans les quartiers populaires, il piège une partie de la population qui tombe dans l’addiction, une autre qui s’éloigne du combat révolutionnaire pour se réorganiser autour du trafic de drogue, cela lui…
Auteur:

