Un « potentiel terroriste ». Voilà comment des chroniqueurs de la chaîne d’extrême droite CNews ont qualifié, le 21 octobre, le militant écologiste et principal suspect de la police dans l’affaire de l’incendie de la mairie de Limoges (Haute-Vienne).
Depuis les mobilisations du 17 octobre, où 550 000 à 800 000 personnes sont sorties dans les rues partout en France pour dénoncer la vie chère et les conditions d’étude des lycéens, on assiste à une offensive politique et médiatique. Emmanuel Macron et le gouvernement de Sébastien Lecornu, ainsi que les partis politiques de droite et d’extrême droite, accusent pêle-mêle « l’ultragauche », « l’extrême gauche », La France insoumise (LFI), et désormais le mouvement écologiste radical, d’être à la manœuvre des dégradations et des pillages réalisés lors des manifestations. Sans preuve. Et même malgré la présence d’éléments qui réfutent ces théories.
À Paris, la procureure de la République a déclaré sur TF1 qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les personnes interpellées appartenaient à « l’ultragauche ». Elle a indiqué que celles placées en garde à vue étaient « en grande majorité des gens peu connus », qui « gardent le silence et ne donnent pas de revendications politiques » — précisant toutefois que les individus ayant commis des dégradations n’ont pas tous été interpellés.
« On a des décisions politiques »
De quoi battre en brèche le récit du gouvernement et des partis de droite et d’extrême droite. « Les ultragauches, qui ont l’habitude de ces types d’événements, ont évité de se faire interpeller », balaie le ministère de l’Intérieur, interrogé par Mediapart.
Pire, cet article de Mediapart a révélé le 19 octobre qu’un commissaire des services du renseignement territorial (RT) affirme avoir eu pour consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon…
Auteur: Justine Guitton-Boussion
