Incendie de la mairie de Limoges : pour les parents de l'accusé, on « fabrique un ennemi intérieur »

Bussière-Boffy (Haute-Vienne), reportage

C’est un petit hameau. Un peu à l’écart de Bussière-Boffy, en Haute-Vienne, une bourgade de quelque 330 habitants au nord-ouest de Limoges. Une douzaine de maisons, modestes, en granite, typiques de la campagne limousine, entre lesquelles se tortille une petite route, presque un chemin. Des vélos. Des enfants qui jouent, grimpent sur un ballon de fitness, puis dégringolent en riant.

C’est un petit hameau tranquille, subitement rattrapé par l’émeute survenue à Limoges le 17 octobre : Hodei C.D., l’un de ses habitants, a été arrêté mardi 20 octobre, à 6 heures du matin, par le Raid de Bordeaux. Militant écologiste de 34 ans, il risque d’être mis en examen pour « destruction, dégradation d’un bien d’utilité publique par incendie ou moyen dangereux pour les personnes, en bande organisée », « menaces de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique » et, depuis jeudi, pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Il risque la perpétuité. À ce stade, il reste présumé innocent et les faits qui lui sont reprochés restent à établir.

C’est un petit hameau désormais sur le qui-vive. « On nous a jetés en pâture », déplorent, « effondrés », les parents d’Hodei C. D.« On est dépassés par tout ça. C’est une mise en péril, pour nous et pour tout le village. » Car depuis que leur nom de famille a fuité sur les réseaux sociaux et dans la presse, les amis et les proches de leur fils, même ceux qui n’habitent plus la région, reçoivent nombre d’insultes et de menaces, parfois de mort. « On est désemparés devant l’ampleur de ce qui est en train de se passer au vu des messages de haine que l’on reçoit », confie un voisin qui y voit une « volonté de lynchage ».

Le profil parfait du coupable

Me Guillaume Laverdure, l’un des avocats de Hodei C. D., avoue également être…

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Auteur: Nicolas Lavallée