Incendie volontaire à la prison de Bienne : un manque d'intérêt qui pose question

Rappel des faits

Un étranger, Mohamed K., en situation irrégulière avait mis le feu à la cellule de sûreté où il avait été placé, menotté, par la police [1]. La cellule de sûreté est la seule cellule où la vidéosurveillance est permise et permanente. Quand il trouve le moyen de mettre le feu au matelas, il est 17h36. Il exhibe alors un lambeau enflammé à la caméra. À 17h43, il met le feu à l’ensemble du matelas. Celui-ci prend véritablement à 17h48. À 17h49, le personnel se rend compte de l’incendie. À 18h, les pompiers arrivent sur place. Il est déjà très tard : Mohamed K. est grièvement brûlé et passera plusieurs semaines dans le coma.

Sa plainte contre la prison pour lésions corporelles graves par négligence n’a toujours pas abouti, seule la directrice de la prison ayant été entendue jusqu’alors par le Ministère public bernois. En revanche, la procédure dirigée à son encontre pour incendie volontaire a abouti à la confirmation de sa condamnation par la cour suprême cantonale à 9 mois de prison ferme et 20 ans d’expulsion du territoire suisse. Il a fait appel de cette sentence au Tribunal Fédéral (TF).

Ce procès a toutefois permis d’entendre trois agents en fonction ce jour-là à la prison expliquer comment il était possible qu’un tel cas se produise. Tous invoquent le règlement intérieur qui interdit d’ouvrir les portes des cellules en cas d’incendie, pour éviter la propagation du sinistre. Ils ont également fait valoir des raisons de sécurité, le détenu étant connu pour son « comportement rebelle ».

En dehors des médias locaux, personne n’a parlé de ce cas. Nous (Infoprisons) avons contacté l’avocate du prévenu, Maître Kathrin Gruber, pour obtenir certains éclaircissements. Elle a aimablement accepté, début octobre, de répondre à nos questions par courriel. Elle a commencé par nous informer que son client est désormais libre, mais qu’il a dû purger sa peine pour…

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