Fontainebleau (Seine-et-Marne), reportage
« Qu’est-ce que vous venez faire ici ? » À peine avons-nous fait halte en bordure de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) pour nous rendre à notre point de rendez-vous, qu’une patrouille de police en moto nous interroge sur notre présence. Sur les routes qui longent le bois, les entrées des chemins sont toutes barrées par des rubalises.
Depuis le 15 juillet, à la suite de l’incendie qui a brûlé près de 2 200 hectares, les 22 000 hectares du massif où se rendent jusqu’à 17 millions de visiteurs par an sont complètement fermés au public par arrêté préfectoral et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Chaque jour, des agents du dispositif de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et de l’Office national des forêts (ONF) — qui ont combattu les flammes aux côtés des pompiers — surveillent d’éventuelles reprises de feu et vérifient que personne ne s’introduit dans la forêt. « On a encore vu un gars qui fumait sa clope au bord de la route ce matin », soupire Yann Guillemard, agent de la DFCI. En 17 années de carrière à l’ONF, il n’avait « jamais vu la forêt dans cet état, ni un feu de cette ampleur ».
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Une sécheresse « sidérante », favorable aux incendies
Nous nous enfonçons dans le massif, en direction du secteur de la Haute-Borne, au sud-ouest de la forêt. L’odeur de brûlé commence déjà à prendre à la gorge et aux narines. La végétation est jaunie par la sécheresse. Sur le trajet, Guillaume Larregle, responsable du suivi de la biodiversité au sein de l’Association naturaliste de la vallée du Loing (ANVL), tient à nous montrer à quoi ressemble la lande épargnée par les flammes.
« Des callunes sèchent sur pied et avec leurs feuilles, ça peut s’enflammer comme de la paille »
« Sidéré par l’état de sécheresse de la…
Auteur: Jérômine Derigny, Léa Guedj

