Rio de Janeiro (Brésil), correspondance
Après les mégafeux de 2020, les gigafeux de 2024 ? Dans le Pantanal, plus grande zone humide au monde située à l’ouest du Brésil, l’Institut national de recherches spatiales enregistre déjà plus de 3 200 foyers d’incendie depuis le début de l’année. Soit 800 de plus qu’il y a quatre ans, lors du pire désastre de l’histoire de la région : l’ONG SOS Pantanal estimait alors que plus de 26 % de la surface du biome étaient partis en fumée. L’État du Mato Grosso do Sul a décrété l’état de « situation d’urgence ».
Ces cinq derniers mois, la surface carbonisée dépasse de 39 % la superficie des incendies enregistrés sur la même période en 2020. Sachant que la période des feux dans le Pantanal ne commence habituellement qu’en juillet, le record est bien en passe d’être battu.
Cette propagation hors norme des flammes est évidemment accentuée par le réchauffement climatique, et plus particulièrement par une sécheresse elle aussi historique. En certains points, le niveau du fleuve Paraguay, qui alimente le Pantanal, a perdu plus de 2,5 m en à peine deux semaines, rapporte le journal Nexo.
Brûler pour créer des zones de pâturage
Mais ces dégâts ne s’expliquent pas uniquement par des causes naturelles. Tous les regards se braquent vers les grands éleveurs bovins, fréquemment accusés de déclencher des incendies pour gagner des terres de pâturage. Marina Silva, ministre de l’Environnement, a affirmé que les feux étaient dus à « l’action humaine ». Une enquête fédérale a d’ailleurs été ouverte.
L’hypothèse est hautement probable, car les conditions ne sont pas réunies pour que des incendies se déclenchent naturellement. La sécheresse en cours (certaines zones n’ont pas eu de pluie depuis plus de cinquante jours) écarte d’emblée l’hypothèse d’incendies causés par des éclairs, comme l’explique le quotidien La Folha de São…
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Auteur: Raphaël Bernard

