Deux classes sociales et un brasier qui les sépare. Des cendres pour les uns, les villas avec piscines intactes pour les autres.
La commune du Porge a été ravagée par le méga-feu qui a dévoré des dizaines de milliers d’hectares en Gironde, et a été stoppé aux portes de Bordeaux. Ce village de 3500 habitants se trouve au nord du bassin d’Arcachon. Le feu y est passé deux fois : le mercredi 22 juillet, au soir du déclenchement de l’incendie, avant de revenir le lendemain soir, consumant des dizaines de maisons. Les habitants ont vu foncer sur eux un mur de flammes et de fumée, qui a entièrement détruit 183 maisons, soit 12% des bâtiments de la commune, et endommagé la plupart des autres. Les images donnent l’impression d’un bombardement : maisons éventrées, carcasses de voiture, suie. Ici, ce n’est pas un village balnéaire ni une destination touristique, les habitants vivent et travaillent toute l’année avec leurs familles.
Plus au sud, la presqu’île du Cap Ferret est un autre univers. C’est l’un des territoires les plus luxueux du pays, une destination haut de gamme pour les riches vacanciers, où le prix du mètre carré est évalué à plus de 15.100€. Et au sein même de ce territoire, un ghetto de riche. Un enclos privilégié parmi les privilégiés : le «quartier des 44 hectares». Ici, on n’habite pas, on possède des résidences secondaires, des piscines face à la mer, des villas au milieu des pins.
Dans un article de 2024, le journal Sud-Ouest expliquait que «les lots de terrain se rachètent à prix d’or», les maisons sont «cédées pour plusieurs millions». Les propriétaires veulent rester entre eux, et se sont constitués en collectif qui s’approprie l’accès «aux voies du quartier via des panneaux d’interdiction aux véhicules étrangers aux riverains, tolérant piétons et cyclistes» explique le journal. Pas question de laisser entrer le commun des mortels.
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Auteur: B

