À l’échelle planétaire, les feux font de plus en plus de ravages, mais les personnes les plus exposées ne sont pas celles dont on entend le plus parler. Les incendies catastrophiques qui ont, cet été encore, consumé le sud de la France et de l’Europe, notamment l’Espagne, ont été largement documentés. Mais la grande majorité des populations exposées aux feux se trouvent en Afrique, loin des radars médiatiques.
Selon une étude publiée dans la revue étasunienne Science le 21 août, un total de 440 millions de personnes ont été exposées directement à des feux d’espaces naturels entre 2002 et 2021. Dans plus de 85 % des cas, ces incendies sont survenus sur le continent africain. Les personnes définies comme « exposées » sont celles dont l’habitation se trouvent dans le périmètre d’une zone brûlée. Cinq pays cumulent même la moitié des expositions globales : le Congo, le Soudan du Sud, la Zambie, le Mozambique et l’Angola.
Plus inquiétant : sur cette même période, le nombre de personnes exposées annuellement aux feux a augmenté de 40 %, soit 7,7 millions d’individus supplémentaires, l’essentiel de cette hausse se concentrant là aussi en Afrique. Ces estimations ne prennent en compte que les expositions directes aux feux, sans considérer les expositions aux fumées et aux débris post-incendies par exemple, écrivent les scientifiques. En prenant l’ensemble des effets directs et indirects en compte, les chiffres seraient « probablement beaucoup plus hauts ».
Les migrations humaines accroissent l’exposition aux incendies
Pour établir ces chiffres, les chercheurs ont compilé les données de 18,6 millions de feux enregistrés dans la base Global Fire Atlas entre 2002 et 2021. Ils les ont ensuite mises en lien avec leurs données démographiques et celles relatives à l’usage des terres.
Leurs résultats pointent un paradoxe : dans le même temps, les surfaces brûlées dans le…
Auteur: Vincent Lucchese

