Un puissant jet rouge vif jaillissant d’un camion-citerne, un autre se déversant depuis le ventre d’un avion Dash… Pour maîtriser l’incendie en forêt de Fontainebleau, au sud-est de Paris, les pompiers ont épandu des litres de « retardant ». Cette substance colorée freine la progression du feu et protège la végétation, en la rendant moins inflammable.
Sa couleur rouge provient usuellement de l’oxyde de fer, un pigment d’origine naturelle, qui permet aux pompiers de savoir quelle zone ils ont déjà aspergée. Sur une vidéo du journal Le Parisien, on peut voir comment se déroule le largage, avec la mention « produit chimique non dangereux » à côté. Cette mixture rougeoyante est-elle vraiment sans risque pour l’environnement ?
En France, les pompiers utilisent du Fire-Trol-931, le cousin du Phos-Chek, massivement utilisé contre les incendies aux États-Unis. Il est produit par la même entreprise étasunienne, « Perimeter Solutions », nous informe la chimiste Lola Zavattoni, jointe par Reporterre. Doctorante sur les retardants à faible impact environnemental, elle participe à un programme national de recherche (ANR PREFIBIO) pour développer des solutions anti-incendie avec une entreprise française (Bioex).
Pas d’effet négatif sur la végétation
À l’instar du Phos-Chek, le Fire-Trol est formulé à base de phosphate d’ammonium, une substance que l’on trouve habituellement dans la composition des engrais agricoles. La conséquence : « En cas de ruissellement ou de largage accidentel près d’une zone humide, sa présence dans les cours d’eau peut avoir un effet eutrophisant », explique Jean-Valère Lorenzetti, un post-doctorant qui participe également à ce programme de recherche. Soit un enrichissement excessif de l’eau par des nutriments, ce qui entraîne une prolifération des microalgues et des cyanobactéries au détriment des poissons et des écosystèmes aquatiques, montre une…
Auteur: Scandola Graziani

