En ces temps de restriction budgétaire, l’histoire ferait presque sourire, si elle ne menaçait pas un millier de salariés et la protection des espaces naturels. Depuis deux ans, à la suite d’une réforme mal ficelée, l’État peine à collecter un impôt, la taxe d’aménagement. Résultat : un trou d’environ 630 millions d’euros dans la caisse des départements pour les années 2024 et 2025. Et autant en moins pour les politiques écologiques, puisque cette taxe doit financer la protection des espaces naturels ainsi qu’environ 80 % du budget des conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE).
Si cette non-collecte perdure, les départements n’auront plus de budget pour la biodiversité, et ces petites structures associatives méconnues, mais très actives dans le monde rural, pourraient disparaître, alerte la Fédération nationale des CAUE (FN CAUE). Déjà, l’association de la Manche s’est déclarée en cessation de paiement et va licencier ses quatorze salariés. Celle de l’Orne pourrait suivre. Pourtant, « on est petits mais précieux », plaide Anna Costes, une des porte-parole de la CGT CAUE et architecte dans le Rhône.
Une aide gratuite en sursis
Au nombre de 92, ces associations sont présentes dans la quasi-totalité des départements et existent depuis bientôt cinquante ans. Elles conseillent mairies et particuliers, et les incitent à intégrer des considérations environnementales dans leurs projets de bétonisation. Un conseil indépendant et gratuit, financé selon la loi par la part départementale de la taxe d’aménagement, un impôt qui s’applique sur les nouvelles constructions.
Elles accompagnent aussi des particuliers qui souhaitent rénover et isoler leur maison, orientent vers des matériaux écologiques et locaux, incitent au respect des paysages, etc. Dans la Manche, par exemple, « pour la zone littorale, on accompagne particuliers et agriculteurs pour que les…
Auteur: Marie Astier

