La jeunesse indienne désenchantée au cœur d’une mobilisation inédite contre la corruption et la faillite du système universitaire du pays
Après des mois de mobilisation, le Premier Ministre indien Narendra Modi a reculé face à la pression de la rue en limogeant son Ministre de l’Éducation face à un mouvement étudiant d’ampleur. Une contestation rassemblée derrière la bannière d’un «parti» satirique répondant au nom de «Parti du peuple des Cafards», et fondée sur des mots d’ordre anti-corruption et pro-jeunesse. La répression policière et la réaction tardive du gouvernement a conduit le mouvement à s’étendre considérablement dans un pays verrouillé tant politiquement que socialement.
Les cafards n’ont pas dit leur dernier mot
La contestation tire son origine d’une déclaration lunaire du Président de la Cour Suprême indienne, Surya Kant, en mai 2026. Le Gardien de la Constitution avait lâché, au milieu d’une conférence de presse, qu’il y a «des jeunes, comme des cafards, qui ne trouvent ni emploi ni place dans le monde professionnel». Malgré des justifications en trompe l’œil, cette petite phrase a fait mouche au sein d’une jeunesse qui espère beaucoup mieux d’un système universitaire agonisant pour son avenir.
Dès le lendemain, Abhijeet Dipke, diplômé en communication politique, réagit à la déclaration du Gardien de la Constitution en posant la question suivante sur X (ex-Twitter) : «Et si tous les cafards se rassemblaient ?» Le post devient immédiatement viral, la machine s’emballe et, le 16 mai, le jeune indien résidant aux USA lance son parti politique… celui du «peuple des cafards», dont l’acronyme en Indien s’écrit «CJP», un joli pied de nez au BJP, le parti nationaliste au pouvoir dont est issu Narendra Modi.
Au sein du CJP, pas besoin de carte d’adhésion hors de prix, il suffit de remplir quatre conditions pour entrer : être sans…
Auteur: B

