Indépendance de l’Azawad : et si la déstabilisation du Sahel avait pu être évitée ?

Depuis deux ans, les données relatives à la situation au Sahel sont particulièrement alarmantes : nombre de morts, de réfugiés, de déplacés internes, d’enfants déscolarisés, expansion du champ d’action des groupes terroristes, instabilité politique au Mali, au Burkina Faso et au Niger



Le Mali incarne désormais le cercueil du maintien de la paix onusien et le Niger est en passe d’être celui de la Cédéao. Pis encore, la « région des trois frontières » (la zone frontalière du Burkina Faso, du Mali et du Niger) est notamment devenue un terrain d’affrontements réguliers entre Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et l’État islamique au grand Sahara (EIGS) ; et les capitales sahéliennes sont devenues l’un des épicentres des tensions entre grandes puissances, ce dont les conséquences sur le long terme sont encore loin d’être connues.

Dans ce contexte, le rejet des traditionnels partenaires de la communauté internationale, en premier lieu la France, et l’émergence d’un « néo-souverainisme africain » – pour reprendre les mots d’Achille Mbembé – ont donné lieu à un vaste bilan d’ensemble de ce qui a été entrepris depuis dix ans par la communauté internationale : approche militaire de la France et de l’UE, efficacité du processus de paix, aide au développement et rôles des organisations spécialisées (G5 Sahel, Alliance Sahel, Coalition pour le Sahel).

Au regard de sa centralité dans la géopolitique du Sahel, la gestion de la « question touarègue » par la communauté internationale doit figurer dans ce bilan, auquel cet article entend contribuer en posant les bases d’une analyse contrefactuelle. La situation au Sahel serait-elle pire si l’État de l’Azawad (nom donné à un territoire d’environ 820 000 km2 situé dans le nord du Mali, abritant selon le dernier recensement de 2009 près de 1,3 million d’habitants dont, bien que minoritaire, une importante…

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Auteur: Bertrand Ollivier, Chercheur associé à l’Observatoire du Maintien de la Paix Boutros Ghali (GRIP) / Chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris II Panthéon Assas / Chargé d’enseignement en Relations internationales à l’ICP, Institut catholique de Paris (ICP)

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