Pour nous, être indépendantiste breton aujourd’hui ne signifie pas devenir nationaliste au sens où l’entend l’extrême droite. Notre combat s’inscrit dans une tradition internationaliste : celle des peuples qui luttent pour leur émancipation face aux États centralisateurs et aux systèmes de domination.
Indépendantiste car internationaliste
Nous sommes internationalistes. Mais l’internationalisme ne signifie pas l’effacement des nations. Au contraire, il suppose leur existence : il s’agit de construire des solidarités entre peuples en lutte.
Or, dans l’Etat français, beaucoup de militants parlent d’internationalisme tout en prenant comme cadre évident la “nation française”. Ce cadre est perçu comme neutre, universel. Cela vient d’une confusion courante entre Etat et nation. Le modèle d’Etat-nation a rendu comme évidente l’idée que les deux se recoupaient parfaitement. Mais l’Etat n’est qu’un cadre administratif, et nombreux sont ceux, en Europe et dans le monde, qui englobent plusieurs peuples. Le modèle français, qui n’en reconnaît qu’une seule, et qui se targue de son universalisme, est en réalité une exception.
Pourtant, ce cadre d’Etat français n’est pas neutre. L’idée de nation française s’est construite par l’assimilation forcée de plusieurs peuples, par l’imposition d’une langue unique et par le dénigrement des langues dites régionales. Sous couvert d’universalisme, la France a toujours nié la présence sur son territoire de différentes populations et identités. Aujourd’hui, cette même conception de la nation, cette même injonction à n’avoir d’autre identité que l’identité française, est d’ailleurs reprise dans des rhétoriques racistes et islamophobes : on agite la peur du communautarisme car l’identité française est si fermée qu’elle se sent facilement menacée par les identités multiples.
Nous refusons donc de parler depuis ce cadre qui se…
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