Ce 1er juin, le Smic augmente de 2,41 %. Excellente chose ! Pourquoi n’est-ce pas le cas de l’ensemble des salaires, dans le privé comme dans le public ? À cause d’une croyance, la « spirale prix-salaires ». La fable est la suivante : si les salaires augmentent, les coûts de production des entreprises augmentent ; celles-ci, pour préserver leurs profits, accroissent leurs prix de vente ; d’où de nouvelles hausses de salaires. Et ce serait reparti pour un tour…
Examinant des dizaines d’épisodes inflationnistes, les auteurs montrent que, à chaque fois, les perdantes et les perdants, ce sont… les salariés.
Un précédent « justifie » cette croyance : la forte hausse des prix et des salaires du milieu des années 1970. Il y a un demi-siècle ! Depuis, des trucs nommés « construction européenne », « mondialisation », « délocalisations » et « sous-traitance » ont créé une concurrence totale entre toutes les travailleuses et tous les travailleurs du monde. En octobre 2023, une étude du Fonds monétaire international l’a démontré : la « boucle prix-salaires », c’est comme les monstres sous le lit des enfants. Ça fait très peur, oui, mais ça n’existe pas !
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Examinant des dizaines d’épisodes inflationnistes, les auteurs montrent que, à chaque fois, les perdantes et les perdants, ce sont… les salariés. Et c’est ce qui s’est passé, malheureusement, en France, en 2022 et 2023. Ces deux années-là, rappelez-vous la hausse des prix avait été de 4,9 %, puis de 5,2 %. Les salaires avaient-ils suivi, à l’époque ? Non. Ont-ils, depuis, rattrapé le terrain perdu ? Non plus. Depuis 2022, la perte de pouvoir d’achat des travailleurs a…
Auteur: Gilles Raveaud

