En août 2025, une vague de colère inédite a secoué l’Indonésie. Partie d’une contestation contre les privilèges des parlementaires, la mobilisation s’est transformée, après la mort d’un jeune chauffeur-livreur écrasé par un véhicule de police, en une révolte de masse contre l’austérité, la corruption et l’autoritarisme du président Prabowo Subianto. La répression a été d’une violence extrême : au moins dix mort·es, des centaines de blessé·es, des milliers d’arrestations et plusieurs disparitions signalées.
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Le président indonésien, Prabowo Subianto, voulait ramener le pays aux heures sombres de la dictature de Suharto. Mais il s’est heurté à une vague de protestations inattendue depuis la mort d’un jeune homme, tué par la police à Jakarta, la capitale.
Jakarta s’est embrasée. Makassar, Bandung, Surabaya, Mataram, ainsi que d’autres villes d’Indonésie. Suite à une vague d’indignation contre les avantages somptuaires des parlementaires, le mécontentement s’est mué en dénonciation cinglante de la brutalité policière, des privilèges de l’élite, de la précarité économique, des inégalités de richesses et de l’érosion démocratique.
La mort atroce d’Affan Kurniawan, 21 ans, tué par la police, a fait basculer le pays. On ignorait jusqu’où la situation pouvait dégénérer. Même le président autoritaire Prabowo Subianto a fini par lâcher du lest face à l’énorme explosion de colère sociale.
Indonésie, « version sombre »
Quatrième nation la plus peuplée et — du moins pour l’instant — troisième plus grande démocratie du monde, l’Indonésie affronte l’héritage de l’autoritarisme et de la discipline du marché libre depuis la révolte populaire qui renversa le Nouvel Ordre de Suharto.
Au début du mois de septembre 2025, divers actes de dissidence longtemps maintenus sous le couvercle ont convergé en actions de masse…
Auteur: redaction

